Parades nuptiales
Attirer un partenaire n’est pas facile, surtout pour les oiseaux qui doivent souvent recourir à des comportements de parade élaborés.
La parade nuptiale chez les oiseaux
La parade nuptiale chez les oiseaux est un exercice des plus variés : plumage éclatant, chants, bruits, danses, vols et… nourriture. Certaines espèces se livrent à des parades élaborées pendant plusieurs mois dans l’espoir d’attirer des partenaires ou de maintenir des liens de couple pendant des années, voire toute la vie. Chez d’autres espèces, les liens de couple existent à peine et la parade nuptiale de l’un ou des deux sexes peut se résumer à quelques minutes.
Chaque espèce d’oiseau dans le monde a un rituel qui lui est propre. De nombreuses personnes considèrent les paradisiers de Papouasie-Nouvelle-Guinée, les manakins d’Amérique du Sud ou les albatros des îles du Pacifique Sud comme les rois et les reines de la parade nuptiale, mais il existe des rituels impressionnants ici même, en Ontario.
Harle huppé
La parade nuptiale du harle huppé est peut-être l’une des plus étranges qu’il vous soit donné d’observer. Comme chez de nombreuses espèces d’oiseaux aquatiques, la parade nuptiale commence en hiver et se poursuit jusqu’en mai-juin, le début de la saison des amours. Le mâle n’établit pas de territoire et ne participe ni à la construction des nids ni aux soins parentaux. La parade nuptiale prend donc toute son importance pour attirer des partenaires. Elle commence souvent avec plusieurs mâles et une femelle. Les mâles émettent des grognements doux et tendent le cou vers le ciel. Ensuite, partiellement submergés, ils présentent leur bec et leurs pattes à la femelle. Je ne saurais dire pourquoi la femelle du harle est attirée par ce comportement.
Grèbes jougris
Bien que la plupart des grèbes jougris nichent dans les Prairies canadiennes, il existe une petite population qui se reproduit le long des rives du lac Ontario dans la région du Grand Toronto. Monogame pendant la saison des amours, cette espèce se distingue par ses parades nuptiales très stylisées qui s’accompagnent de hululements et de braiments aigus. Le mâle et la femelle se dressent partiellement hors de l’eau, poitrine contre poitrine, et exécutent des duos chantés et dansés.
Grande aigrette
La grande aigrette niche rarement en Ontario, ce qui est regrettable, car elle possède certaines des plumes les plus belles et les plus élaborées de toutes les espèces nord-américaines. L’aigrette déploie ses plumes, qui s’allongent juste avant le début de la saison de reproduction, en situation de défense, de perturbation et de parade. En plus du magnifique plumage, les lores verdissent pendant la saison de reproduction. Comme si les plumes ne suffiraient pas à attirer un partenaire.
Grue du Canada
Les danses et les vocalisations des grues sont bien connues dans le monde entier. Bien que la grue du Canada soit considérée comme une espèce monogame à long terme, les parades nuptiales sont importantes pour établir et maintenir les liens entre les couples. On lui connaît huit rituels différents : trois sont propres aux adultes, tandis que les cinq autres se retrouvent dans tous les groupes d’âge et sont utilisés par les oiseaux pour la parade nuptiale et pour attirer l’attention. Ces oiseaux peuvent sembler un peu maladroits, mais ils donnent l’impression de bien s’amuser.
Gélinotte huppée
La gélinotte huppée, familièrement appelée perdrix dans de nombreuses régions de l’Ontario, est bien connue pour son remarquable tambourinage. Le mâle n’utilise pas son syrinx (organe vocal), qui est peu développé, pour attirer les femelles, mais plutôt un comportement auditif qui fonctionne tout aussi bien. En avril et en mai, les mâles passent une bonne partie de leur matinée juchés sur une souche ou un rocher recouvert de mousse à tambouriner : la friction de l’air entre les ailes produit un son sourd de percussion de plus en plus rapide. L’objectif est d’attirer les femelles, de s’accoupler, puis de retourner sur son perchoir pour recommencer. Les mâles peuvent tambouriner pendant plusieurs mois, mais les femelles ne sont réceptives que 2 à 3 jours.
Jaseur d’Amérique
La parade nuptiale la plus fréquente chez le jaseur d’Amérique est le partage de la nourriture. Le mâle se pose sur une branche près de la femelle et s’en rapproche en sautillant pour lui offrir une petite graine, une baie ou un insecte. Le mâle réussit si la femelle lui rend la pareille. La parade nuptiale peut commencer en avril et se poursuivre tout au long de l’été. On pense que les jaseurs sont monogames pendant la saison de reproduction, mais on ne sait pas s’ils forment un couple l’année suivante.
Carouge à épaulettes
Si les carouges à épaulettes sont devenus récemment tristement célèbres pour leur agressivité envers les humains en milieu urbain, ils le sont également envers leurs congénères. Le mâle est le premier à revenir sur les lieux de reproduction et établit immédiatement des territoires qu’il défend vigoureusement. Dans un bon territoire, un mâle peut avoir entre 1 et 5 femelles à protéger. Les cris de contact permettent aux mâles de communiquer avec les femelles qui se posent sur leur territoire et des liens de couple se forment en quelques jours.
Paruline jaune
Contrairement à la plupart des animaux qui utilisent le larynx pour produire des sons, les oiseaux possèdent un organe tout à fait unique appelé syrinx. Il se trouve plus loin dans la gorge et se divise en deux à la base de la trachée. Cette division permet à certaines espèces d’oiseaux de produire deux sons différents en même temps. La paruline jaune communique par ses cris et son chant, particulièrement au temps des amours lorsque les mâles établissent et défendent des territoires. Les parades chez cette espèce sont moins axées sur le chant que sur les lents « vols nuptiaux » des mâles pour séduire les femelles.
Mark Peck
Mark Peck est gestionnaire de la Galerie Schad de la biodiversité au ROM