Les momies du ROM
Les recherches en cours repoussent les limites de l’étude des momies et approfondissent nos connaissances sur la vie de ces figures du passé.
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Pourquoi les expositions
Pourquoi les expositions présentant des momies égyptiennes déplacent-elles les foules ? Les momies sont des personnes. Nous pouvons regarder certaines momies en face, comme Antjou, tandis que d’autres, comme Djedmaâtesankh, sont enveloppées de mystère et échappent à notre regard. Ce sont ces personnes qui ont fabriqué les pots et les sculptures et qui ont vécu dans les villages à l’époque où ils étaient des communautés vivantes et animées, aux antipodes des ruines qui nous sont connues. Ce sont des ambassadeurs du passé qui nous racontent leur vie et qui, à ce titre, commandent notre respect.
Galerie 1
Les momies du ROM
Les momies ROM ont joué un rôle important dans le développement de l’étude des momies. Nakht, un adolescent de la XXe dynastie, a été mis au jour dans le complexe funéraire de Deir el-Bahari. En 1974, une équipe pluridisciplinaire a utilisé la radiographie, l’histologie et d’autres techniques d’analyse dans le cadre d’une autopsie scientifique de sa dépouille. Nakht se distingue des autres momies en ce qu’il n’a pas été éviscéré et son cerveau est intact (ses parents auraient investi dans son cercueil plutôt que dans sa momification). L’autopsie a révélé deux types de parasites : un ténia et des schistosomes. Le ténia proviendrait de la consommation de viande de porc avariée et les schistosomes du pataugeage dans des eaux contaminées.
Bien qu’elle ait également de nombreuses données sur l’âge, la santé et la vie de Nakht (ainsi qu’une tunique, le plus ancien vêtement dans les collections du ROM), l’autopsie a néanmoins été destructrice. Si le processus était à la pointe de la technologie dans les années 1970, les méthodes non destructives de l’analyse des momies s’imposent aujourd’hui comme la référence. En 1976, le cerveau de Nakht a été la première « momie » à être soumise à une tomodensitométrie. Cet exploit a été rapidement suivi par une tomodensitométrie du corps entier de Djedmaâtesankh en 1977 (et de nouveau en 1994), révélant sa spectaculaire collection d’amulettes. Ces tomodensitométries, réalisées au Hospital for Sick Children de Toronto, ont changé à jamais l’étude des momies.
Depuis, les recherches se poursuivent. En 2007, une momie adulte et deux momies de bébé ont été prêtées à la Western University aux fins de tomodensitométrie. On croyait que l’adulte était un homme, associé au cercueil d’un prêtre Ouab. À notre grande surprise, il s’agissait plutôt d’une femme. Des travaux ultérieurs l’ont associée à un autre cercueil. Une analyse minutieuse effectuée par Gayle Gibson, ancienne égyptologue au ROM, a permis de lui donner le nom de Nefer-Mout, musicienne au temple d’Amon. Il ne s’agissait plus d’une momie inanimée, mais d’une femme avec un nom et une profession – elle prenait vie. Les résultats des tomodensitométries l’ont suivie dans ses déplacements à travers l’Ontario et la Chine, en tant qu’ambassadrice de l’Égypte ancienne et du ROM.
Les recherches actuelles portent sur la conservation
Les recherches actuelles portent sur la conservation, les rayons X et les analyses ADN d’une momie connue sous le nom de Thoutmosis et d'une momie d’enfant, Nesmout, qui était également musicienne. Une équipe composée d’employés du ROM et de bénévoles enthousiastes continue de repousser les limites de l’étude des momies, se concentrant sur la collection du Musée.
Andrew Nelson
Andrew Nelson est directeur du département d’anthropologie de la University of Western Ontario.
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Visitez la Galerie de l’Égypte au niveau 3 du ROM.