Un prédateur marin des schistes de Burgess
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Des paléontologues du ROM et du Manitoba Museum ont découvert un remarquable prédateur de 506 millions d’années dans le site fossilifère des schistes de Burgess en Colombie-Britannique.
Selon une nouvelle étude publiée dans la revue scientifique Royal Society Open Science, le prédateur marin, qui a reçu le nom de Mosura fentoni, vivait au Cambrien – une époque marquée par des changements évolutifs majeurs.
Surnommé le « papillon nocturne des mers », Mosura doit son nom à la déesse kaiju (ou étrange bête) japonaise Mothra, une référence à son aspect et à son caractère de prédateur.
Mosura fait partie de la famille des radiodontes, aujourd’hui disparue, ce qui en fait un parent éloigné des insectes et des crustacés actuels. Bien que sa taille se compare à celle de votre index, Mosura était un redoutable prédateur. Il était doté de trois yeux, de pinces articulées et d’une bouche circulaire garnie de dents qui n’est pas sans rappeler un taille-crayon.
Mosura possédait une caractéristique qui lui était propre : une région stomacale composée de nombreux segments dotés de branchies sur la partie postérieure. De larges palmes de chaque côté de son corps en font un excellent nageur, tandis que de grosses pinces sur la partie antérieure du crâne servent à attraper des proies.
Très bien préservés, ces fossiles présentent un remarquable tableau des débuts de la vie, révélant non seulement des caractéristiques de l’anatomie externe mais aussi des éléments du système nerveux, du système circulatoire et du tube digestif.
« Très peu de sites fossilifères dans le monde offre cette perspective sur l’anatomie interne molle, affirme Jean-Bernard Caron, conservateur Richard M. Ivey Curator de la paléontologie des invertébrés au ROM. Les détails sont stupéfiants. »
Cette découverte renseigne sur la diversité des radiodontes et met en lumière la complexité des premiers écosystèmes marins et sur l’évolution des arthropodes.
Aujourd’hui dirigée par Jean-Bernard Caron, l’équipe du ROM mène des recherches dans les schistes de Burgess depuis 50 ans. Elle a mis au jour des douzaines de nouveaux gisements fossilifères et d’espèces dans ce site inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO.
Les visiteurs peuvent observer des fossiles étonnamment bien préservés des schistes de Burgess, qui représentent un des meilleurs registres de la vie marine au Cambrien, dans la Galerie Willner Madge de l’aube de la vie au niveau 2 du Musée.
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Monika Tragarz est coordinatrice des communications au ROM.