Un été au cœur de la ruche

Une nouvelle exposition présente la vie fascinante des abeilles – du point de vue d’une abeille
Gros plan d'une abeille unique sur un nid d'abeilles doré, avec des cellules de cire hexagonales remplissant le cadre et une lumière chaude et douce mettant en valeur la texture.

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Catégorie

Expositions et galeries

Auteur

Vawn Himmelsbach

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La nouvelle exposition immersive du ROM raconte une histoire vieille de 120 millions d’années. LES ABEILLES : Une histoire de survie a été conçue en collaboration avec les National Museums Liverpool au Royaume-Uni et l’artiste britannique primé Wolfgang Buttress. L’exposition fait ses débuts en Amérique du Nord au ROM du 16 mai au 18 octobre 2026, incluant un volet canadienne.

Les abeilles sont présentes sur la planète depuis l’époque des dinosaures. Aujourd’hui, on en compte plus de 20 000 espèces dans le monde. Mais à mesure que la planète se réchauffe et que les effets du changement climatique deviennent plus palpables, l’évolution de notre environnement menace leur existence et la nôtre. Les abeilles sont essentielles à la biodiversité de la planète, car elles jouent un rôle clé dans la reproduction des plantes à fleurs et des cultures vivrières. En effet, environ un tiers de la production alimentaire mondiale dépend des abeilles, selon les Nations Unies, ce qui a un impact direct sur la sécurité alimentaire.

« Cette exposition ne ressemble à aucune autre sur laquelle j'ai travaillé jusqu'à présent, car elle associe les connaissances scientifiques et l’expérience sensorielle d’une manière très puissante, explique Winona McGregor, médiatrice culturelle au ROM. Elle partage des informations importantes sur les abeilles et leur rôle écologique, mais elle utilise également un design immersif, une atmosphère et une narration sensorielle pour aider les visiteurs à ressentir ce message plutôt que de simplement l’apprendre. »

L’artiste et sculpteur britannique Wolfgang Buttress a collaboré avec le professeur Martin Bencsik de la Nottingham Trent University, spécialiste de la communication des abeilles, ainsi qu’avec des scientifiques, des architectes et des musiciens, pour créer des œuvres d’art multisensorielles reliant l’art et la science. Les œuvres précédentes de Buttress, qui s’inspirent du monde naturel pour explorer les découvertes scientifiques, ont été exposées sur quatre continents.

J’espère que les visiteurs ressentiront une connexion avec les abeilles en parcourant l’exposition et qu’ils pourront réfléchir à ce qu’ils peuvent faire pour les aider. Souvent, les questions environnementales peuvent sembler trop vastes ou trop éloignées pour qu’une seule personne puisse faire la différence. Mais les abeilles sont tout autour de nous, et même des petits gestes peuvent avoir un impact significatif.
Winona McGregor

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À travers cette exposition, les visiteurs seront immergés dans l’univers des abeilles grâce à des projections numériques à grande échelle, des ambiances sonores et des expériences numériques interactives, tout au long d’un parcours à travers des prairies et d’autres types d’habitats des abeilles jusqu’à une ruche plus grande que nature. « Au cœur de cette exposition, on découvre les rôles essentiels des abeilles, explique Mme McGregor. Lorsque les abeilles sont en difficulté, les écosystèmes dont nous dépendons le sont tout autant. »

L’exposition s’ouvre sur une présentation de l’anatomie complexe de l’abeille. Elle se prolonge ensuite par une expérience immersive qui plonge progressivement les visiteurs dans l’univers de ces insectes. « L’expérience est pensée pour rendre ce monde à la fois immédiat et vibrant, ponctué de rencontres que l’on traverse et que l’on ressent », explique Mme McGregor.

En parcourant huit sections interactives, les visiteurs découvriront la vie de la ruche, ainsi que le rôle des abeilles dans la nature, leur importance pour l’être humain et les nombreuses menaces qui pèsent sur leur survie.

« Les abeilles sont considérées comme des espèces clés pour les écosystèmes terrestres, contribuant à la fois au bien-être de l’environnement et à la survie de l’humain », explique Antonia Guidotti, technicienne des collections d’entomologie et co-commissaire de l’exposition au ROM.

Si les oiseaux, les singes et même le vent peuvent polliniser, les abeilles sont les pollinisateurs les plus efficaces au monde et jouent un rôle essentiel dans la reproduction de la plupart des plantes sauvages. Ce qui soutient les insectes, qui à leur tour soutiennent les oiseaux, les animaux et les êtres humains. « Les visiteurs découvriront les abeilles, leur diversité, leur comportement, leur évolution et leur association avec l’être humain de manière ludique et divertissante », explique-t-elle.

Par exemple, dans une section, les visiteurs suivront une piste lumineuse de pollen qui les mènera à un socle holographique avec un modèle 3D d’une abeille pollinisant une fleur. Dans une autre section, des structures en nid d’abeille stylisées invitent les visiteurs à pénétrer à l’intérieur, et des conducteurs osseux utilisent les vibrations pour reproduire la perception auditive d’une abeille. Les paysages sonores développés par l’artiste avec l’ensemble musical Karman Line Collective associent des instruments de musique aux enregistrements audio de 40 000 abeilles, créant ainsi un bourdonnement sensoriel qui accompagne l’expérience du visiteur dans l’exposition.

 With this exhibition, visitors will be transported into a bee’s world through large-scale digital projections, soundscapes, and digital interactive experiences, tracing a route through meadows and other bee habitats to a larger-than-life hive. “At its heart, this exhibition centres on the essential roles bees play,” says McGregor. “When bees struggle, the eco systems we depend on struggle too.”  The exhibition starts with a glimpse into the complex anatomy of a bee. From there, the experience becomes more

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Alors que la grande majorité des abeilles sont solitaires, cette exposition se concentre principalement sur les abeilles mellifères occidentales, une espèce sociale très organisée qui vit en colonies composées d’une reine, d’ouvrières et parfois de faux-bourdons. « Elles vivent en eusocialité : partage du nid, chevauchement des générations et garde coopérative du couvain. Ces comportements, combinés à l’architecture de leur ruche, à leur capacité de communication et à leur production de miel, en font des sujets particulièrement intéressants pour les visiteurs », explique Doug Currie, conservateur principal en entomologie et co-commissaire de l’exposition au Musée royal de l’Ontario.

Bien que la première au Canada de l’exposition LES ABEILLES : Une histoire de survie reste fidèle à la vision de l’artiste, elle intègre également une perspective canadienne, en incluant des spécimens d’abeilles locales provenant des collections du ROM. « L’une des choses les plus passionnantes à propos des abeilles est que plus on les observe de près, plus on observe la diversité, explique Mme McGregor. Nous voulions offrir un regard plus attentif et une nouvelle perspective sur ces espèces locales. Il était important d’inclure des spécimens qui mettent en évidence la diversité de taille, de forme et de couleur de ces animaux ».

Les abeilles jouent un rôle important dans les écosystèmes ici même au Canada. L’exposition présente un groupe varié de pollinisateurs indigènes.  « Le Canada abrite plus de 800 espèces d’abeilles, dont plus de 350 vivent dans la région du Grand Toronto », explique M. Currie. Une abeille locale qui attire particulièrement le regard est l’abeille à sueur bicolore rayée, l’abeille officielle de Toronto. L’exposition présente également un fossile d’abeille vieux de 15 à 30 millions d’années provenant de la collection de paléontologie invertébrée du ROM.

Les principales menaces qui pèsent sur les abeilles locales sont la perte d’habitat, l’utilisation de pesticides, le changement climatique, la propagation d’agents pathogènes par les abeilles domestiques et la concurrence des abeilles non indigènes.

« J’espère que les visiteurs ressentiront une connexion avec les abeilles en parcourant l’exposition et qu’ils pourront réfléchir à ce qu’ils peuvent faire pour les aider. Souvent, les questions environnementales peuvent sembler trop vastes ou trop éloignées pour qu’une seule personne puisse faire la différence. Mais les abeilles sont tout autour de nous, et même de petites actions peuvent avoir un impact significatif. »

L’exposition comprend des conseils sur ce que nous pouvons faire pour protéger les abeilles menacées qui sont endémiques à l’Ontario. Par exemple, planter des fleurs indigènes, éviter les pesticides et choisir de ne pas utiliser de lampes anti-insectes peut faire une réelle différence pour les abeilles qui vivent dans votre jardin ou visitent votre balcon. Ceux qui veulent aller plus loin peuvent soutenir les groupes de conservation locaux ou se joindre à des initiatives scientifiques communautaires comme Bumble Bee Watch.

LES ABEILLES : Une histoire de survie invite les gens à penser différemment à un animal qu’ils peuvent rencontrer tous les jours sans s'en rendre compte, dit McGregor. « Je pense que les visiteurs repartiront avec une meilleure appréciation des abeilles, un sentiment de connexion plus fort avec le monde naturel et une meilleure compréhension de la façon dont leurs propres choix peuvent faire la différence. »

Vawn Himmelsbach est une journaliste chevronnée qui couvre tous les domaines, de la technologie aux voyages.

Vawn Himmelsbach est une journaliste chevronnée qui couvre plusieurs domaines, de la technologie aux voyages.

Une œuvre d'art verticale composée de tiges de bambou brunes avec des fleurs de ipomée bleues et blanches et des feuilles vertes qui s'entrelacent.

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