La nature sacrée dans la peinture indienne

Gros plan sur la façon dont le petit âge glaciaire a donné naissance à une théologie des plantes qui a trouvé son expression dans les peintures.

Peinture représentant trois personnages dans un jardin.

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Art et culture

Cette peinture est tirée d’un manuscrit très répandu

Cette peinture est tirée d’un manuscrit très répandu intitulé Mewar Gita Govinda, achevé en 1714 en l’honneur du maharaja Sangram Singh II, roi du Mewar, sous la direction de Rupaji Bhatt.

Le Gita Govinda raconte les relations entre le dieu hindou Krishna et les gopis (vachères), et une gopi en particulier, Radha.

Cette image représente Braj, la région pastorale du centre nord de l’Inde, le long de la rivière Yamuna dans l'État de l’Uttar Pradesh, qui serait le lieu de naissance de Krishna. Les travaux récents de Sugata Ray font valoir que Braj est souvent représentée dans l’art comme un lieu luxuriant, non pas parce qu'il en était réellement ainsi, mais parce que le changement climatique attribué au petit âge glaciaire (v. 1550-1850) a donné naissance à une théologie des plantes attribuant un caractère sacré à chaque pierre, rivière et arbre. Braj est représentée comme un paysage idéalisé.

Krishna est représenté avec la peau bleue et une couronne avec une plume de paon. Il est représenté à multiples reprises, conformément aux conventions de la peinture indienne, illustrant plusieurs scènes d’une même histoire dans une seule composition. Dans ces œuvres, la scène se déroule au milieu d’une abondance d’arbres, de vignes et de guirlandes. Une messagère fait part à Krishna des pensées de Radha à l’égard de son bien-aimé. L’amour de Krishna pour Radha se veut une métaphore de l’allégeance de l’âme humaine au divin.

Dans la peinture indienne, la nature, ou la campagne, est un lieu de possibilités – un lieu de retraites spirituelles, de loisirs, de rencontres amoureuses et d’épreuves d’adresse. Elle est également considérée comme la demeure des dieux, où les êtres divins se livrent à des activités semblables à celles des humains. Dans ces peintures, les éléments de la nature sont exécutés avec brio par des maîtres artistes. Dans la tradition de la peinture indienne, le monde naturel est aussi important que les personnages qui l’habitent.

Conversation avec les conservateurs : Deepali Dewan et Cam Galindo sur la peinture indienne

Conversation avec les conservateurs : Deepali Dewan et Cam Galindo sur la peinture indienne

Écouter une conversation

Une conversation entre Deepali Dewan et Cam Galindo, organisée par le Massey College dans le cadre de l'événement Curators in Conversation.

Deepali Dewan

Deepali Dewan est conservatrice Dan Mishra des arts et des cultures de l’Asie du Sud au ROM.

Une œuvre d'art verticale composée de tiges de bambou brunes avec des fleurs de ipomée bleues et blanches et des feuilles vertes qui s'entrelacent.

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