La nature est-elle queer ? Des poissons nous donnent la réponse.

Certains poissons contestent notre définition hétéronormative du genre et de la sexualité.

Poisson-clown sur un corail.

Publié

Catégories

Nature
Art et culture

Auteur

Claire Elizabeth Marshall

Des récifs coralliens peuplés de poissons-clowns

Des récifs coralliens peuplés de poissons-clowns aux épaves habitées par les mérous des profondeurs, la vie aquatique remet en cause les notions traditionnelles de genre et de sexualité centrées sur l’humain. L’étude des poissons nous apprend que le terme queer, qui regroupe l’ensemble des identités 2SLGBTQIA+, ne s’applique pas seulement aux êtres humains. Il s’agit d’une réponse naturelle à l’évolution, à l’environnement et au développement individuel.

Des poissons qui brouillent les genres

Si le film de Pixar, Trouver Nemo, présente à juste titre les poissons-clowns mâles comme les principaux responsables des soins parentaux, il a négligé l’occasion de montrer la biologie et les comportements sociaux intéressants de ces poissons. Le poisson-clown naît mâle et devient femelle au cours de sa croissance. La hiérarchie est de rigueur : au somment, la femelle, ensuite le mâle dominant et les mâles immatures. Lorsque la femelle meurt, le mâle dominant se transforme en femelle et le plus grand mâle immature devient alors le mâle dominant. 

Chez le labre à tête bleue, un autre poisson de récif, le changement de sexe se fait dans l’autre sens et la hiérarchie est masculine. Pas de mâles ? Pas de problème. En l’absence d’un mâle dominant, la femelle adopte les comportements de défense et de parade typiques des mâles. Son corps commence à se transformer et ses organes reproducteurs changent et deviennent pleinement fonctionnels.

Plus intéressant encore, certaines espèces de gobies – de minuscules poissons de récif – peuvent changer de sexe et passer de mâle à femelle, et inversement. D’autres espèces, comme le killi des mangroves, sont capables de s’autoféconder, possédant des organes mâles et femelles fonctionnels.

Gros plan d'un hippocampe sous l'eau.

Gestations masculines, communautés exclusivement féminines et autres comportements queers

Gestations masculines, communautés exclusivement féminines et autres comportements queers

Si les poissons sont les mascottes de la communauté queer, les hippocampes et les syngnathes mâles sont les mascottes des pères au foyer. Doté d’une poche incubatrice, le mâle est l’unique responsable de l’incubation et de l’alimentation des embryons après la fécondation.

Le molly taupe, un poisson tropical d’eau douce, privilégie les comportements homosexuels. En effet, les mâles qui courtisent d’autres mâles ont de meilleures chances de s’accoupler avec une femelle. Une autre espèce de molly s’est complètement débarrassée des mâles et féconde ses œufs avec des espèces proches. Ce phénomène est parfois observé chez les poissons indigènes de l'Ontario, notamment le ventre citron et le ventre rouge du Nord.

Corail coloré.

La queerness est naturelle. Et la nature est queer.

Les récifs coralliens sont surnommés les arcs-en-ciel de l’océan. En observant les poissons, nous commençons à voir les façons vraiment colorées dont les espèces ont évolué pour s’accoupler, élever les jeunes et vivre ensemble dans des sociétés diverses. En nous inspirant de ces espèces, nous pouvons déconstruire nos idées sur le genre et la sexualité.

Les espèces évoluent pour répondre instinctivement à l’environnement. La queerness compte parmi ces instincts. Et lutter contre les instincts menace la survie.

Une œuvre d'art verticale composée de tiges de bambou brunes avec des fleurs de ipomée bleues et blanches et des feuilles vertes qui s'entrelacent.

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