Espèces envahissantes des Grands Lacs
Les espèces aquatiques envahissantes exigent notre attention.
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L’équipe d’ichtyologie du ROM vous invite
L’équipe d’ichtyologie du ROM vous invite à participer à une excursion de plongée ! Des chercheurs du ROM, des scientifiques, ainsi que des représentants de Pêches et Océans Canada et des autorités chargées de la conservation, exercent un contrôle annuel des populations de poissons. Il s’avère que les humains ne sont pas les seuls à parcourir de longues distances pour visiter les Grands Lacs. Des espèces exotiques sont fréquemment observées dans le cadre de ces recensements. #
Ces espèces ont été introduites dans un habitat à l’extérieur de leur aire de répartition naturelle. Certains poissons ont été introduits par hasard, comme le gobie à taches noires qui serait est arrivé dans les Grands Lacs dans les eaux de ballast de navires en provenance d’Europe. D’autres ont été introduits délibérément. Les espèces exotiques ont généralement mauvaise réputation. Bien qu’elles ne soient pas toutes nuisibles, certaines causent des dommages économiques, environnementaux ou même physiques. Ces espèces sont considérées comme envahissantes. Elles ont un impact sur l’intégrité biologique des habitats aquatiques, nuisant aux industries de la pêche, du plein air et du tourisme.
Originaire de l’Atlantique, la lamproie marine est un exemple tristement célèbre d’espèce aquatique envahissante (EAE) dans les Grands Lacs. Au-delà de son habitat d’origine, elle menace les poissons indigènes en se fixant sur ses hôtes pour s’en nourrir.
Le poisson rouge est un autre exemple d’espèce aquatique envahissante. Originaire d’Asie, c’est l’un des animaux de compagnie préférés des familles nord-américaines. Relâché dans la nature, il perturbe les chaînes alimentaires aquatiques en se nourrissant d’œufs, d’algues et de petits invertébrés. En se nourrissant, il remue la végétation, ce qui augmente la turbidité de l’eau et réduit les niveaux d’oxygène.
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Un des meilleurs moyens de lutter contre les EAE
Un des meilleurs moyens de lutter contre les EAE est d’empêcher leur propagation. Une fois qu’elles ont envahi le territoire, le prix à payer pour les contrôler est très élevé. Parmi les espèces potentiellement envahissantes dans les Grands Lacs figurent les carpes de la famille des Xenocyprididae, notamment la carpe de roseau, la carpe argentée, la carpe à grosse tête et la carpe noire.
La carpe de roseau a été introduite aux États-Unis dans le but de freiner la croissance des plantes dans les bassins d’aquaculture. À la suite d’inondations, elles se sont échappées de ces bassins et se sont retrouvées dans le Mississippi, ce qui leur a permis d’étendre leur aire de répartition vers le nord. La carpe de roseau constitue une menace importante pour l'écosystème des Grands Lacs, car elle a été observée dans plusieurs parties des lacs Ontario, Érié et Huron.
Les jeunes carpes peuvent manger près de la moitié de leur poids chaque jour.
Les jeunes carpes peuvent manger chaque jour près de la moitié de leur poids en végétation aquatique. Un régime sain pour les carpes, mais pas pour les milieux humides. Les jeunes carpes ne digèrent qu’environ 40 % de la nourriture qu’elles consomment, le reste étant rejeté dans l’eau sous forme de déchets. Comme pour le poisson rouge, ces déchets augmentent la turbidité des eaux et réduisent les niveaux d’oxygène. Ce qui était auparavant une eau limpide et oxygénée devient une eau trouble remplie d’algues, créant ainsi un environnement hostile pour la plupart des poissons indigènes.
La carpe argentée nuit non seulement aux écosystèmes aquatiques, mais aussi aux humains. Bondissant à plusieurs mètres hors de l'eau, elle présente un danger tant pour les embarcations que les plaisanciers.
Comme la carpe de roseau, la carpe argentée a un régime alimentaire extrême
Comme la carpe de roseau, la carpe argentée a un régime alimentaire extrême. Elle filtre le plancton – une source de nourriture vitale pour les jeunes poissons indigènes – à l’aide de branchiospines spécialisées qui ressemblent à de coussinets spongieux et qui piègent les proies. Il est essentiel de la tenir à l’écart de nos eaux, non seulement pour protéger les espèces indigènes, mais aussi pour protéger les pêcheurs et les plaisanciers de leurs bonds acrobatiques.
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La carpe à grosse tête ressemble à la carpe argentée
La carpe à grosse tête ressemble à la carpe argentée. Les deux poissons ont des yeux situés au bas de la tête, ce qui donne l’impression qu’ils sont à l’envers. Ils filtrent tous deux le plancton à l’aide de branchiospines spécialisées. La carpe à grosse tête, comme la carpe argentée, n’a pas de véritable estomac. Elle mange donc en permanence.
La carpe noire peut atteindre jusqu’à 2,5 mètres de long. Elle utilise ses dents pharyngiennes, des structures spécialisées dans pharynx ressemblant à des molaires, pour broyer des organismes à coquille dure comme les moules d’eau douce indigènes. La carpe noire menace les poissons, les moules, les tortues, les oiseaux et même certains mammifères comme les ratons laveurs et les loutres.
Plus nous serons nombreux à surveiller les eaux et à rester vigilants face à ces espèces non indigènes, mieux ce sera. Alors, si vous pêchez, assurez-vous de savoir distinguer les espèces indigènes des espèces exotiques et faites de votre mieux pour empêcher la propagation d’espèces au-delà de leur aire de répartition naturelle. Vous pouvez apprendre à reconnaître les poissons indigènes et exotiques en consultant A Field Guide to Freshwater Fishes of Ontario publié par le ROM. La nouvelle édition comprend des renseignements à jour sur 129 poissons indigènes de l’Ontario, ainsi que sur 21 populations introduites et établies de poissons exotiques.
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