Découverte d’une nouvelle espèce de dinosaure frugivore spécialisé
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Communiqué de presse
Découverte d’une nouvelle espèce de dinosaure frugivore spécialisé
Toronto, ON/ Stony Brook, NY : Le 27 octobre 2026 – Aux carnivores féroces et herbivores balourds du Crétacé s’ajoute une espèce de dinosaure qui a un régime alimentaire qui lui est propre : il se nourrit des plantes à fleurs et de leurs fruits.
Des paléontologues de la Stony Brook University, du Musée royal de l’Ontario (ROM) et du North Dakota Geological Survey ont découvert qu’une nouvelle espèce de dinosaure, Infernogallus jamesi – un petit oviraptorosaure – avait des muscles masticateurs capables de broyer des aliments mous. Ce qui en fait le premier dinosaure frugivore connu.
La recherche, menée sous la direction de Greg Funston (Ph. D.), professeur adjoint au Département des sciences anatomiques de la Stony Brook University, a permis de démontrer que le mécanisme des muscles masticateurs de la nouvelle espèce ne se retrouve aujourd’hui que chez les perroquets frugivores modernes. Les résultats de la recherche ont été publiés dans la revue Nature Communications.
« Nous savions que les dinosaures avaient évolué afin de jouer une panoplie de rôles dans les écosystèmes du Crétacé, mais nous ne nous attendions pas à découvrir des dinosaures frugivores, affirme Greg Funston. L’apparence de leurs crânes nous est demeurée inconnue pendant plus d’un siècle. Nous savons aujourd’hui qu’ils étaient encore plus étranges que nous l’avions imaginé. »
Infernogallus, qui signifie « poulet de l’enfer », doit son nom aux fossiles – dont un crâne articulé presque complet et un squelette partiel présentés au Musée royal de l’Ontario – qui ont été mis au jour dans la formation géologique de Hell Creek aux États-Unis (Montana, Dakota du Nord, Dakota du Sud et Wyoming). Ce dinosaure a sans doute cohabité avec T. rex et Triceratops.
Infernogallus, faisait partie d’un groupe de dinosaures à plumes, édentés appelés caenagnathidés. Il avait la taille d’un dindon et pesait environ 12 kg, ce qui en fait l’un des plus petits membres de son groupe même adulte.
Curieusement, Infernogallus et ses cousins sont issus des dinosaures carnivores. Une analyse détaillée de son mécanisme de mastication montre que son crâne était conçu pour écraser des fruits à noyau pour en retirer la chair. Cette constatation n’a pas manqué de surprendre les paléontologues qui peinaient à établir des liens solides entre la diversité des dinosaures et l’évolution des plantes à fleurs. Cela dit, cette découverte souligne les parallèles entre les radiations évolutives des caenagnathidés et les fruits, les caenagnathidés développant leurs capacités de mastication spécialisée alors que les fruits se faisaient plus gros et plus répandus.
« Les cas relativement rares d’animaux qui évoluent vers un régime frugivore s’accompagnent de remarquables adaptations, de dire Thomas W. Dudgeon (Ph. D.), boursier de recherche Rebanks au ROM et l’un des coauteurs de l’étude. L’anatomie d’Infernogallus fait exception parmi les dinosaures. Nous avons vite fait de nous rendre compte qu’il s’agissait d’une espèce hors du commun. »
La remarquable capacité de mâcher des fruits d’Infernogallus tient aux adaptations de ses os palatins – qui forment la voûte du palais. Ces muscles masticateurs sont rares dans le règne animal. Cela dit, on les retrouve chez les mammifères comme les humains qui ont une mastication complexe, ainsi que chez certains oiseaux frugivores, dont le psittrichas de Pesquet. Cette structure de muscles unique a permis aux chercheurs de conclure qu’elle est le résultat d’une adaptation permettant de broyer les pulpes tendres (fruits) dans son bec plutôt que dans son estomac.
« Des squelettes complets de petits dinosaures comme Infernogallus sont rarissimes dans le registre fossile. L’étrange crâne d’Infernogallus est une formidable découverte en ce qu’elle ouvre de nouvelles perspectives sur l’évolution des dinosaures et de leurs spécialisations alimentaires, affirme David Evans (Ph. D.), conservateur en chef (histoire naturelle) et titulaire de la chaireTemerty de la paléontologie des vertébrés au ROM et auteur principal de l’étude. Cette découverte démontre que nous avons encore beaucoup à apprendre sur le monde de T. rex et sur les dinosaures en général. »
Admettre que cette espèce a peut-être joué un rôle écologique inédit durant cette période laisse entendre que nous ne comprenons peut-être pas la pleine diversité des espèces de dinosaures et de leurs comportements à la fin du Crétacé – alimentant le débat scientifique autour du déclin des dinosaures avant leur disparition.
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Crédit : Reconstitution artistique du poulet de l’enfer, Infernogallus, se nourrissant de fruits, avec un T. rex en arrière-plan. © Danielle Dufault, 2025
Étude :
Fruit-eating adaptations in a Late Cretaceous oviraptorosaur (Theropoda),Nature Communications. DOI: doi.org/10.1038/s41467-026-78343-w