Les Anishinabes : Art et pouvoir | Niveau 3, Aire centrale

Cet exposition est fermé

Dès le samedi 17 juin 2017

Explorez la vie, les traditions et les récits sacrés des Anishinabes au travers des œuvres d’art puissantes qu’ils ont créées depuis deux siècles. L’exposition Les Anishinabes : Art et pouvoir propose de reconstituer l’évolution artistique d’un des groupes autochtones les plus importants et les plus diversifiés d’Amérique du Nord.

Depuis leur territoire ancestral situé en Ontario, les Anishinabes ont essaimé du Québec à l’Alberta et du Michigan au Montana. Pendant des siècles, ils ont exprimé leur savoir et leurs traditions culturelles à travers l’art, représentant les liens qui unissent les humains, les ancêtres, la nature, les cérémonies et les êtres surnaturels appelés « esprits ». Leur art a été profondément influencé au fil du temps par leurs relations avec d’autres groupes amérindiens ainsi qu’avec les Européens arrivés au Canada. L’exposition offre un aperçu de la transformation progressive de l’art des Anishinabes, depuis les formes artistiques anciennes et les délicats objets perlés jusqu’aux peintures et aux dessins de l’école des Woodlands. En mettant en scène cette culture riche et puissante, l’exposition Les Anishinabes : Art et pouvoir souligne les liens qui unissent les communautés autochtones entre elles et avec les autres Canadiens.

Venez admirer ces œuvres étonnantes enracinées dans la tradition et apprenez à mieux comprendre les formes d’art, les croyances et la vision du monde des Amérindiens.

Les co-commissaires

L’exposition a été élaborée par trois commissaires
L’exposition a été élaborée par trois commissaires : Arni Brownstone, spécialiste des cultures des Plaines d’Amérique du Nord au ROM, Saul Williams, peintre de l’école de Woodland et membre de la Première Nation du lac North Caribou (nord de l’Ontario), ainsi que l’historien Alan Corbiere, membre de la Première Nation M’Chigeeng (île Manitoulin).

Arni Brownstone
Conservateur adjoint, Musée royal de l’Ontario

Les fonctions d’Arni Brownstone au sein du ROM concernent principalement la conservation des collections ethnographiques des Plaines d’Amérique du Nord, du sud-ouest des États-Unis et de l’Amérique latine. Il a été responsable des pièces exposées dans ces domaines dans la Galerie Daphne Cockwell du Canada : Premiers peuples et dans la Galerie Shreyas et Mina Ajmera de l’Afrique, des Amériques et de l’Asie-Pacifique. Il s’occupe actuellement de la totalité des collections ethnologiques des Amériques au Musée. Il assuré le commissariat, en compagnie de deux commissaires invités autochtones, de l’exposition Les Anishinabes : Art et pouvoir.

Arni Brownstone est entré au ROM en 1974. Il était titulaire d’un baccalauréat en beaux-arts de l’Université York et aspirait à devenir peintre. Il avait auparavant travaillé dans plusieurs galeries d’art contemporain, dont l’Isaacs Gallery, la Carmen Lamanna Gallery et la Galerie du Siècle, et, durant l’été, auprès de communautés autochtones éloignées de la Saskatchewan et du Manitoba. Dans ce contexte, M. Brownstone a été affecté, durant ses dix premières années au ROM, à la réorganisation de la collection de plus de 30 000 pièces ethnographiques provenant de partout dans le monde. Le traitement de ces objets a exercé une grande influence aussi bien sur sa peinture que sur ses intérêts en matière de recherche. En 1982, il a obtenu une bourse B du Conseil des arts du Canada, qui lui a permis de peindre à temps plein et de visiter des musées européens, dont il a pu étudier les collections ethnographiques. Cette expérience l’a aidé à mieux comprendre la répartition des motifs géométriques présents dans l’art ethnographique mondial. Ce voyage a constitué un point tournant qui l’a conduit, quelques années plus tard, à abandonner la peinture pour se consacrer à l’étude des pièces de musée.

Depuis le milieu des années 1980, Arni Brownstone s’est surtout intéressé à la culture matérielle des Grandes Plaines d’Amérique du Nord. Ses recherches ont pris deux directions : l’une, axée principalement sur des collections spécifiques, a permis d’approfondir nos connaissances sur les objets de musée, afin de nous éclairer sur l’histoire et la culture des peuples qui les ont créés; l’autre constitue une étude plus spécialisée visant à long terme à décrire l’histoire du corpus connu de peintures pictographiques des Plaines. Ses deux pistes de recherche se fondent sur une approche ethno-historique et sur des sources primaires d’archives, mais la seconde démarche fait surtout appel à l’analyse stylistique basée sur la méthode comparative. M. Brownstone a publié maints articles dans les deux domaines, dont plusieurs peuvent être consultés sur sa page du site Internet du ROM, ainsi que deux livres : War Paint, publié en 1993 aux Presses du ROM, et War Paintings of the Tsuu T’ina Nation, publié conjointement en 2015 par les Presses de l’Université du Nebraska et de l’Université d’Albert. La même année, Arni a participé, à titre de directeur de publication, à la préparation d’un livre sur un manuscrit autochtone mexicain du XVIe siècle, The Lienza of Tlapiltepec, publié conjointement par les Presses du ROM et les Presses de l’Université d’Oklahoma.

Saul Williams
Directeur de l’éducation, Autorité scolaire du lac North Caribou

Saul Williams est né au printemps 1954 au lac North Caribou (ou Neehakooyank, « là où les arbres se penchent au-dessus d’eaux calmes »). Sa famille a déménagé à Weagamow pour vivre au sein de la Première Nation du lac North Caribou, dont Saul est devenu membre.

À l’été 1968, M. Williams a fait la connaissance de Mary Black. Ses amis et lui ont accompli diverses tâches pour elle, par exemple, transporter du bois et de l’eau et servir d’interprètes pour les Aînés venus la consulter. Saul Williams était heureux d’être rémunéré pour son travail en spaghetti aux boulettes de viande. Le voyant toujours en train de griffonner et de dessiner, Mary Black lui a rapporté des tubes de peinture acrylique de ses voyages dans le sud. Avec sa permission, Saul a peint un mur de sa maison et réalisé sa première œuvre picturale, un corbeau stylisé, pour laquelle il a été payé cinq dollars. Cette peinture ‒ la première qu’il a vendue ‒ fait aujourd’hui partie des collections du ROM.

Pendant une bonne partie de sa jeunesse, avant de devenir ouvrier, puis conseiller scolaire, M. Williams a vécu de son art. En 1984, il a été l’un des premiers artistes autochtones à qui une exposition a été consacrée au Musée des beaux-arts de l’Ontario (AGO).

M. Williams est directeur de l’éducation au sein de l’Autorité scolaire du lac North Caribou. En étroite collaboration avec les parents et les dirigeants de la communauté, il continue de préconiser l’intégration du savoir, de la langue, des traditions et de la culture autochtones dans les programmes scolaires. Il œuvre en conformité avec l’Accord de financement dans l’éducation signé avec le gouvernement fédéral et avec les critères du ministère provincial de l’Éducation. Il croit fermement que les enseignements et les valeurs autochtones doivent faire partie intégrante de la communauté.

Alan Corbiere
École Lakeview, Première Nation M’Chigeeng

Alan Corbiere est coordonnateur du Programme de renaissance de la langue des Anishinabes à l’école primaire Lakeview de M’Chigeeng sur l’île Manitoulin (Ontario). Il est aussi conservateur, écrivain, éditeur et rédacteur, chercheur en histoire, conférencier et enseignant.

M. Corbiere a obtenu son premier emploi de commissaire en 2001 à la Fondation culturelle ojibwé, où il a préparé, à titre de chercheur et de commissaire, une exposition sur l’expérience des pensionnats autochtones. Il a organisé, pour les survivants, des ateliers de thérapie par la création artistique. Le catalogue d’exposition (Remembrance, Reflection, Rejuvenation : Healing from the residential school experience) a été publié par la Fondation.

Alan Corbiere a ensuite été commissaire de l’exposition The Sword of Mookomaanish aka « Chief Little Knife », qui présentait l’épée à monture en argent offerte en 1815 au chef odawa Mookomaanish pour la bravoure et la compassion dont il avait fait preuve durant la guerre de 1812. Il a également préparé en 2002 l’exposition The Manitoulin Treaty of 1862, qui commémorait le 140e anniversaire de la signature du traité et montrait des extraits de pétitions et de délibérations de conseils, ainsi que des reproductions de portraits de chefs autochtones de l’époque, dont plusieurs ont été peints par Paul Kane en 1845. Il a ensuite préparé l’exposition Gchi-Miigisaabiigan « The Great Wampum of 1764 », qui a présenté des reproductions photographiques, des extraits de discours ainsi que des répliques de ceintures wampum. Les wampums symbolisaient les relations entre les Anishinabes et les Britanniques et ont servi de base au traité dans lequel les Britanniques ont promis des « présents indiens » aux Anishinabes et aux autres tribus alliées. Ces expositions, organisées avant qu’Alan Corbiere ne reçoive une véritable formation, ont été bien accueillies par la communauté et l’ont incité à poursuivre ses recherches dans trois domaines : muséologie, archivistique et traditions orales. Au cours de la dernière décennie, M. Corbiere a cherché à exploiter ces trois disciplines pour créer une version plus globale de l’histoire des Anishinabes.

 

Ontario150

Commentaires