La Mésopotamie

Première nord-américaine au ROM d’une exposition saluée par la critique sur Sumer, l’Assyrie et Babylone

Statue d’Assurnasirpal II Magnésite Nimrud, nord de l’Irak, époque néo- assyrienne 883-859 av. notre ère BM 118871 © The Trustees of the British MuseumLe Musée royal de l’Ontario (ROM) est la seule étape canadienne de la tournée internationale de l’exposition La Mésopotamie. Du samedi 22 juin 2013 au dimanche 5 janvier 2014, le Hall d’exposition Garfield Weston, au niveau B2 du Cristal Michael Lee-Chin, accueillera cette exposition consacrée à une société à la source de nombreuses inventions. À Toronto, l’exposition est une présentation de la RSA, société d’assurances.

La Mésopotamie célèbre plus de 3 000 ans d’histoire d’une civilisation aux multiples réalisations dont l’influence se fait toujours sentir aujourd’hui. L’exposition réunit plus de 170 objets inestimables des extraordinaires collections du British Museum. À ces artéfacts, dont la plupart sont montrés pour la première fois au Canada, s’ajouteront ceux des célèbres collections du ROM et d’autres grandes institutions, y compris le Musée de l'Institut oriental de l'Université de Chicago, le Musée d’archéologie et d’anthropologie de l’Université de Pennsylvanie à Philadelphie et l’Institut des Arts de Detroit.

La Mésopotamie est présentée à Toronto par le British Museum en collaboration avec le ROM. Le commissariat de la tournée internationale a été confié à Mme Sarah Collins, conservatrice de la Mésopotamie archaïque au British Museum. « Nous avons le privilège d’avoir un riche fonds d’artéfacts mésopotamiens provenant des expéditions archéologiques britanniques des siècles passés. En tant que gardien de ces objets anciens, le British Museum se doit de les rendre accessibles au plus grand public possible, tant à Londres que sur la scène internationale. Je suis ravie de collaborer avec le ROM pour faire valoir certaines des plus grandes inventions de la civilisation mésopotamienne. Bien qu’il soit difficile de se sentir concerné par une société ayant vécu il y a des milliers d’années, j’espère que l’exposition permettra aux visiteurs de découvrir des aspects de la vie mésopotamienne qui n’ont rien perdu de leur résonance. »

« Nous nous réjouissons de travailler de concert avec nos collègues du British Museum pour lever le voile sur cette étonnante civilisation, de dire Janet Carding, directrice du ROM. La Mésopotamie est une civilisation hors du commun par sa durée, ses exploits et son aura de mystère. C’est avec grand plaisir que nous invitons les visiteurs à découvrir un récit spectaculaire à travers des objets non moins spectaculaires. »

À Toronto, le commissaire de l’exposition est M. Clemens Reichel, conservateur associé du Proche-Orient ancien au Département des cultures du monde du ROM et professeur d’archéologie mésopotamienne à l’Université de Toronto. Spécialiste de la Mésopotamie et archéologue d’expérience, il se réjouit de la venue de cette exposition. Il conseille cependant de garder l’esprit ouvert. « La Mésopotamie a fait œuvre de précurseur avec ses cités qui n’ont été dépassées par Paris ou Londres qu’au temps de la Révolution industrielle; ses empires qui, à l’époque, contrôlaient la plus grande partie du monde connu; et ses innovations techniques qui ont toujours leur place dans le monde actuel. Cela dit, la Mésopotamie était gouvernée par des souverains aussi sanguinaires que brillants, leur ascension fulgurante n’ayant d’égale que leur fin cataclysmique. Nous avons encore des leçons à tirer de cette société antique où l’humanité connaît, pour la première fois, un apogée et un déclin. »

« La RSA, société d’assurances est fière de s’associer au ROM et de commanditer une exposition qui offre au public canadien et nord-américain une occasion unique de découvrir la Mésopotamie, affirme M. Rowan Saunders, président-directeur général de la RSA. Œuvrant sur la scène internationale depuis plus de 300 ans, notre société d’assurances entretient une tradition d’excellence de longue date. Nous nous réjouissons de collaborer avec le ROM et de faire revivre ces étonnants artéfacts. Nous sommes convaincus que cette exposition se révélera une aventure des plus fascinantes. »

Mise en contexteNimrud bowl with Egyptian motifs Bronze 9th-8th century BC Nimrud (Kalhu), North West Palace. © The Trustees of the British Museum.

La Mésopotamie (du grec « [pays] entre les deux fleuves ») comprend l’Irak, le nord-est de la Syrie et le sud-est de la Turquie. C’est dans cette région que sont nées la civilisation urbaine, ainsi que les premières cités et les formes complexes d’organisation sociale et d’activité économique. À l’origine de l’invention de l’écriture, des communications à distance, des échanges commerciaux et des premiers empires, la civilisation mésopotamienne a aussi donné au monde une littérature et un art raffiné et fait progresser les sciences, la religion et la philosophie.

Introduction

L’exposition s’ouvre sur les trésors d’ingéniosité déployés par les Mésopotamiens. Dans cette section, le visiteur est invité à établir des rapprochements entre sa culture et la culture mésopotamienne. On retrouve ici le premier de sept kiosques qui, par différents moyens, proposent des parallèles entre les grandes réalisations de la civilisation mésopotamienne et la vie d’aujourd’hui. Si l’exposition souligne les très nombreux progrès sociaux et technologiques de l’époque, y compris la révolution agricole et la mise en place d’une économie de village, elle s’articule principalement autour de l’émergence des cités-États à Sumer (4000-2000 av. notre ère), de l’Empire assyrien (1000-600 av. notre ère), et de l’apogée et du déclin de Babylone (600-540 av. notre ère).

Sumer

Au troisième millénaire, la basse Mésopotamie (le Sud) consistait en deux grandes régions : Sumer à l’extrême sud et Akkad dans le nord. Entre - 3000 et - 2000, ces deux régions partageaient une culture de croyances et de traditions artistiques. L’émergence de la cité constitue l’un des phénomènes les plus marquants de la Mésopotamie. La taille de la cité était sans commune mesure avec les grandes villes d’avant - 3500. Vers 2600 avant notre ère, Uruk, la cité la plus importante de Sumer, compte des palais où réside le souverain, des quartiers résidentiels, des rues, des canaux et, l’élément le plus important, le temple.

L’écriture est née en Mésopotamie. Les textes les plus anciens, sur des tablettes d’argile découvertes dans les cités d’Uruk et de Suse (sud-ouest de l’Iran), datent d’environ 3300 avant notre ère. Les tablettes cunéiformes, dont plusieurs sont présentées dans cette section, sont des outils administratifs, servant à comptabiliser le malt, l’orge et le bétail.

Headdress with gold leaves Gold, lapis lazuli and carnelian 2500 BCE King’s Grave. © The Trustees of the British Museum. Habitée de 6000 au IVe siècle avant notre ère, la cité d’Ur fut un grand centre politique, religieux et économique et, pendant plus d’un siècle, la capitale d’un État qui réunissait presque toute la Mésopotamie. Nous devons en grande partie notre connaissance de la Mésopotamie aux importantes fouilles effectuées à Ur dans les années 1920 et 1930. Les découvertes les plus spectaculaires sont celles du cimetière royal datant du Dynastique archaïque (2600-2300 av. notre ère). On y a mis au jour seize tombes antérieures de plus de mille ans au tombeau de Toutankhamon, en Égypte. Leur construction, la richesse du mobilier funéraire et le nombre de soldats, serviteurs et dames de la cour qui de leur plein gré, ou non, avaient accepté de suivre leurs maîtres dans l’au-delà leur ont valu le nom de « tombes royales ». Parmi les joyaux de l’exposition, on compte de magnifiques parures de femmes, notamment des coiffes élaborées, des colliers et des bracelets en lapis-lazuli, en or et en cornaline.

Certains artéfacts sont présentés en exclusivité au ROM, dont deux objets provenant du cimetière royal : le « Grand bélier d’Ur », une magnifique statuette en argent, feuille d’or, lapis-lazuli, coquillages et cornaline, et la « Grande lyre » ornée d’une tête de taureau en or et incrustée de métaux précieux. Ils proviennent de la collection du Musée de l’Université de Pennsylvanie. Le « Grand bélier d’Ur » sera présenté durant les trois premiers mois de l’exposition et la « Grande lyre » durant les trois derniers. Une superbe figure à l’effigie de Gudea, souverain de la cité de Lagash, figure aussi dans cette section. Prêt de l’Institut des arts de Detroit, c’est un chef-d’œuvre de la statuaire néo-sumérienne (2150-2000 av. notre ère).

L’Assyrie

Située en haute Mésopotamie (le Nord) sur le Tigre, l’Assyrie doit son nom à la cité antique d’Assur. Elle s’est imposée comme une puissance politique et militaire après le XIVe siècle avant notre ère. À son apogée (v. -660), elle dominait une région équivalant à l’Irak, la Syrie, Israël, l’Égypte et des parties de l’Iran et de la Turquie. La période néo-assyrienne (1000-612 av. notre ère) a vu la fondation des capitales de Nimrud, Khorsabad et Ninive. Le roi jouait un rôle décisif dans l’Empire assyrien. Sur le plan religieux, il était le représentant du peuple auprès des divinités assyriennes; sur le plan politique, il dirigeait l’État et l’armée. Les artéfacts dans cette section sont associés à plusieurs souverains de cette période. Parmi les œuvres phares, citons la statue en magnésite à l’effigie du très célèbre Assurnasirpal II (883-859 av. notre ère). Rare exemple d’une sculpture assyrienne en ronde-bosse, cette figure imposante incarne la toute-puissance du souverain sur ses sujets.

Les cités assyriennes étaient peuplées de vastes palais ornés de splendides bas-reliefs. Cette section réunit de nombreux artéfacts provenant des plus grands palais de Nimrud et de Ninive. Certains bas-reliefs illustrent des conquêtes militaires, des déportations et le châtiment des rebelles, tandis que d’autres représentent le roi lors des cérémonies cultuelles. Exaltations des réalisations du souverain, ces scènes ont une forte portée idéologique : se soumettre à l’autorité assyrienne est gage de paix et de prospérité, se révolter est gage de défaite et d’anéantissement.

Babylone

La cité de Babylone était située sur l’Euphrate dans ce qui est aujourd’hui le centre de l’Irak. Les premiers textes en cunéiforme qui mentionnent son nom datent du troisième millénaire avant notre ère. Babylone connaît son essor après 2000 et dès -1755 domine presque toute la Mésopotamie. Les armées du roi Hammourabi (r. 1792-1750), le plus célèbre des souverains babyloniens, unifient les contrées du sud et du centre de la Mésopotamie. Hammourabi est connu surtout pour son rôle de législateur et le code qui porte son nom. Dans cette section, les visiteurs pourront admirer une réplique grandeur nature de la légendaire stèle du Code d’Hammourabi (prêt du Musée de l’Université de Pennsylvanie) ainsi qu’une magnifique tête en albâtre à l’effigie d’un souverain ou d’un chef de tribu (prêt du Musée de l’Institut oriental).

Striding Lion relief Terracotta Babylon, Southern Citadel, throne room facade of the palace of King Nebuchadnezzar II 605 - 562 BCE © ROM 2013

La chute de l’Empire assyrien a fait de Babylone la plus grande ville au monde. L’exposition propose aux visiteurs un survol tridimensionnel de la cité et de ses grands sites, notamment la tour de Babel, les jardins suspendus et la Porte d’Ishtar. Parmi les artéfacts présentés par le ROM, citons le Lion passant, un bas-relief en terre cuite qui ornait la façade de la salle du trône de Nabuchodonosor II (605-562) à Babylone, dans le palais où mourut Alexandre le Grand quelques siècles plus tard.

Épilogue

L’exposition consacre également une section aux effets dévastateurs des années de pillage durant la guerre d’Irak, en particulier au saccage du Musée national de Bagdad en 2003 et à l’impact catastrophique de la démolition de nombreux sites archéologiques et culturels. Ce volet de l’exposition évoque des souvenirs poignants pour M. Reichel qui a coordonné la documentation de la destruction dans le cadre du projet de la base de données du Musée national d’Irak du Musée de l’Institut oriental de l’Université de Chicago. « Ces jours comptent parmi les plus sombres de ma vie, dit-il. La Mésopotamie, notre “berceau de la civilisation”, avait été foulée aux pieds et, dans certains cas, anéantie. »

Renseignements complémentaires

Le ROM propose aux visiteurs une panoplie d’éléments didactiques originaux afin de leur offrir une expérience incomparable : des installations audiovisuelles, sept reproductions tactiles d’artéfacts figurant dans l’exposition, des traductions des textes anciens et des écrans tactiles interactifs qui révèleront des bribes d’information intéressantes sur cette société du passé. Nous avons également conçu une aire d’activités interactives pour nos jeunes visiteurs.

L’exposition s’accompagne d’une programmation qui saura plaire aux spécialistes, aux adultes et aux familles. La Fièvre du vendredi soir, la soirée la plus cool en ville, est de retour au ROM dès le 3 mai pour huit semaines. La dernière soirée de cette troisième saison, le 21 juin, sera consacrée à la Mésopotamie que certains qualifient de « berceau de la… bière »! Une série de conférences, dont une en français, présentera des spécialistes qui discuteront de plusieurs aspects et idées de l’exposition. Un symposium, prévu pour les 19 et 20 octobre, réunira des experts qui s’entretiendront du pillage des sites archéologiques d’Irak et de ses répercussions durables sur le patrimoine culturel du pays. Les fins de semaine famille proposent une foule d’activités interactives associées à l’exposition. Le Temps des fêtes au ROM réserve également des surprises aux familles. À suivre!

Fidèle à son engagement en faveur de l’accessibilité (qui lui a valu un prix), le ROM a conçu du matériel spécialisé, y compris des reproductions tactiles et des vidéos sous-titrées. Renseignements : 416.586.8000

Les membres du ROM sont invités à découvrir l’exposition La Mésopotamie en avant-première le 21 juin. Les membres sont également parmi les premiers à pouvoir réserver leurs billets. Pour en savoir plus ou pour adhérer, nous vous invitons à composer le 416.586.5700 ou à consulter notre site (www.rom.on.ca/fr/soyez-des-notres). La Mésopotamie est une exposition à billet horaire (aux demi-heures). Pour obtenir des renseignements sur les visites de groupes d’au moins 20 personnes (tarifs, conférences privées, visites guidées et menus) : 416.586.5801, poste 2 ou groupsales@rom.on.ca. Visites scolaires : 416.586.5801, poste 1 ou http://www.rom.on.ca/fr/education/visites-scolaires. Des visites guidées de l’exposition sont offertes au coût de 5 $ (en sus du prix du billet). Des visites en français sont offertes une fois par semaine et tous les jours en anglais./p>

En entrant dans la boutique de l’exposition ou dans la Boutique du ROM au niveau 1, les visiteurs auront l’impression de se retrouver dans un bazar du Moyen-Orient. Les boutiques proposent toute une gamme d’objets s’inspirant de l’exposition : bijoux, articles de maison, papeterie, produits de beauté, accessoires de mode, reproductions d’artéfacts spectaculaires et ouvrages sur la Mésopotamie. Publié en français et en anglais, le guide souvenir de l’exposition comprend des textes fascinants et de splendides photos couleur. Il est aussi en vente à 5 $ seulement à la billetterie du Musée et dans certains magasins. Le Food Studio invite les grands voyageurs à déguster la cuisine du Moyen-Orient.

Pour en savoir davantage sur l’exposition, visitez http://www.rom.on.ca/fr/expositions-et-galeries/expositions/la-mesopotamie. Suivez-nous sur Facebook, YouTube, ROM blog et Twitter (@ROMToronto, #ROMMeso). Abonnez-vous au cyberbulletin du ROM au www.rom.on.ca/fr/cyberbulletin, c’est gratuit!

La Mésopotamie a été présentée au Musée d’histoire de Hong Kong du 30 janvier au 13 mai 2013 après avoir remporté un franc succès au Musée de Melbourne en 2012.

ROM Cultures anciennes

La Mésopotamie se veut une remarquable introduction à l’un des nouveaux centres de découverte du ROM. ROM Cultures anciennes aspire à devenir une référence internationale pour comprendre l’influence des sociétés d’autrefois sur nos vies et sur notre avenir. Réunissant collections et savoirs du Département des cultures anciennes et travaillant de concert avec les services de la programmation et de l’éducation, les bénévoles, les groupes d’Amis et les usagers du Musée, le Centre constitue le foyer des recherches, des programmes et des activités reliés aux cultures anciennes et à l’archéologie tant au ROM que dans la communauté. Suivez-le sur @ROMAncient.

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La Mésopotamie au Musée royal de l’Ontario est commanditée par

RSA Logo

La Mésopotamie, une présentation du British Museum en collaboration avec le Musée royal de l’Ontario

The British Museum

Avec l'appui du ministère du Patrimoine canadien par le biais du Programme d'indemnisation pour les expositions itinérantes au Canada / Supported by the Department of Canadian Heritage through the Canada Travelling Exhibitions Indemnification Program

Canada

Parrain de l’exposition : 

CERCLE      
DES JEUNES
BIENFAITEURS