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Les secrets de la civilisation maya

Fermé
Du 19 novembre 2011 au 9 avril 2012

L'exposition

Découvrez l’univers mystérieux des anciens Mayas lors de la première mondiale de l’exposition-phare Les secrets de la civilisation maya, inaugurée le 19 novembre 2011 au Musée royal de l’Ontario (ROM). À l’affiche jusqu’au 9 avril 2012, cette exposition originale, qui présente de nombreux objets encore jamais vus, fait revivre dans toute sa splendeur la période classique (250-900 de notre ère) de cette civilisation méso-américaine.

Fruit d’une collaboration internationale entre le ROM, le Musée canadien des civilisations (MCC) et l’Institut national d’anthropologie et d’histoire (INAH), l’exposition réunit près de 250 objets – notamment des sculptures imposantes, des céramiques, des masques et des bijoux – relatant l’histoire des Mayas et de leurs souverains (ou divins seigneurs) et de bien d’autres sujets : leurs prouesses architecturales, leur système d’écriture complexe, les autosacrifices, leur cosmogonie, la mort et la résurrection. L’exposition traite aussi de la légende entourant la fin du monde en 2012 et du mystérieux effondrement de la civilisation maya. Découvrez la culture dynamique des Mayas d’aujourd’hui, une culture animée par les exploits de leurs ancêtres. Les Mayas vivent dans les États actuels du Mexique, du Belize, du Salvador, du Guatemala et du Honduras.

La plupart des remarquables objets qui sont exposés proviennent de nombreux musées mexicains de la péninsule du Yucatán où vivaient beaucoup de Mayas; d’autres sont tirés des célèbres réserves du ROM ou nous ont été prêtés par des établissements prestigieux, dont le British Museum, le Princeton University Art Museum et le Musée Gardiner de Toronto. La plupart des pièces n’ont encore jamais été montrées au Canada et un grand nombre d’objets, dont certains viennent d’être mis au jour, figurent déjà parmi les plus importantes découvertes archéologiques sur la civilisation maya. Mentionnons notamment le fabuleux Panneau des Guerriers du temple XVII, réalisé en calcaire, qui représente un guerrier capturé agenouillé devant un roi de Palenque.

Des vidéos inédites tournées au Mexique par le ROM de sites d’une grande valeur historique, des modèles tactiles et une série de conférences stimulantes font partie intégrante d’un voyage aussi stimulant que divertissant au cœur du monde maya. Une occasion unique à ne pas manquer.

Vidéos (en anglais)

Conférences et événements (en anglais)

Sacrifices et offrandes de sang

La civilisation maya. Un passé enveloppé de mystère. Le déchiffrement de glyphes jadis incompréhensibles a révélé des sacrifices et des offrandes de sang (autosacrifices).

La saignée - le fait de percer la peau pour permettre au sang de s’écouler - est traditionnellement pratiquée à des fins médicales (guérison ou prévention d’une maladie) ou religieuses.

L’autosacrifice jouait un rôle fondamental dans la vie des Mayas pour apaiser les dieux ou encore pour gagner la faveur des tout-puissants. En général, c’étaient des animaux qui étaient offerts en sacrifice, mais les êtres humains pouvaient l’être aussi lors d’événements importants ou de pratiques divinatoires. Le sang était porteur de l’essence vitale et celui des nobles constituait une offrande particulièrement puissante puisqu’il permettait d’entrer en contact avec les dieux et les ancêtres.

Le rituel

Tous les sacrifices n’entraînaient pas la mort. Les souverains mayas se livraient à l’autosacrifice pour affirmer les liens privilégiés qui les unissaient au monde sacré. On perçait la peau et on recueillait le sang dans un bol contenant des languettes de coton que l’on faisait brûler. Des flammes et de la fumée surgissait le Serpent des visions, un être mythique qui reliait le monde des vivants au monde sacré. De sa gueule émergeait l’ancêtre ou le dieu qui s’adressait à la personne offrant le sacrifice.

L’autosacrifice se pratiquait généralement en privé dans une salle du temple surmontant la pyramide. Certaines cérémonies se déroulaient en public sous le regard de la foule rassemblée sur la place.

Le calendrier maya

2012 –La fin du monde en 2012 : la vérité derrière la prophétie

Les anciens Mayas mesuraient rigoureusement le passage du temps et leurs calendriers entretiennent les craintes modernes liées à la prophétie de la disparition du monde.

Selon les Mayas, le monde devait prendre fin le 23 décembre 2012. Fait ou fiction ? Que croyaient réellement les Mayas de la période classique (250-900 de notre ère) ? Pour comprendre leur perception des événements de 2012, il faut d’abord saisir toute la complexité de leurs calendriers.

Le fonctionnement des calendriers mayas

Les calendriers mayas s’articulent autour de deux grands systèmes : la roue calendaire et le compte long. La roue calendaire comprenait deux cycles : le tzolk’in et le haab’. Le tzolk’in était un calendrier rituel de 260 jours, tandis que le haab’ était un calendrier civil de 365 jours. En combinant les calendriers tzolk’in et haab’ on obtenait un jour qui ne se répétait que tous les 52 ans.

Pour fixer des dates au-delà du cycle calendaire de 52 ans, les Mayas se servaient du compte long, un système indiquant le nombre de jours écoulés depuis la création du monde actuel, le 13 août 3114 avant notre ère. Ce sont les cycles du compte long qui sont à l’origine de la prophétie de 2012.

Le compte long est très facile à comprendre :

Jours Compte long Années solaires
1 = 1 k’in 1/365
20 = 20 k’in ou 1 winal 0,0548
360 = 18 winal or 1 tun 0,985
7,200 = 20 tun or 1 k’atun 19,7
144,000 = 20 k’atun or 1 b’ak’tun 394,3

Voici un exemple d’une date en compte long :

1 b’ak’tun, 3 k’atun, 5 tun, 11 winal, 4 k’in  

Le 23 décembre 2012 marque la fin de 13 b’ak’tun et, à en croire certains mayanistes qui se consacrent à l’étude de cette civilisation ancienne, la fin d’un grand cycle.

Les chiffres 20 et 13 avaient une importance particulière pour les Mayas. Croyaient-ils que ce cycle de 13 b’ak’tun s’achèverait en 2012 ? C’est là un des plus grands secrets des Mayas. Il est possible qu’à la fin du 13e b’ak’tun, le cycle recommence au Jour 1 ou encore que le 24 décembre 2012 marque le début du 14e b’ak’tun. De toute façon, le calendrier maya se poursuit et le monde ne disparaît pas.

Selon les Mayas, qu’allait-il se produire le 23 décembre 2012 ?

Parmi les glyphes de la période classique, on ne trouve qu’une seule allusion à ce jour-là. En effet, une stèle du site de Tortuguero fait référence à un événement se produisant à la fin du 13e b’ak’tun. Les chercheurs Sven Gronemeyer et Barbara MacLeod ont déchiffré les glyphes gravés sur la stèle.

Voici leur traduction :

Prendra fin le 13e b’ak’tun
le 4 ajaw 3 k’ank’in
Apparaîtra alors
B’olon Yookte’
lors de la grande investiture

Comme pour la plupart des glyphes mayas, la signification précise du présage demeure obscure, d’autant plus que deux des glyphes les plus importants ne sont plus lisibles. Il n’en est pas moins impressionnant quand on pense que 2012 fait allusion à la venue de Balun-Yokte’, un des dieux de l’Inframonde. Cela dit, les dieux étaient couramment associés à l’expiration des cycles du compte long. Prophétie passionnante à n’en pas douter… mais rien ne laisse entendre que les Mayas du Classique croyaient que 2012 marquerait la fin des temps et qu’une divinité puissante viendrait détruire la Terre.

Bibliographie :

Claude-François Baudez, Les Mayas, Guide Belles Lettres des civilisations © 2004, Société d’édition Les Belles Lettres

Claude Baudez et Sydney Picass, Les cités perdues des Mayas, Découvertes Gallimard © Gallimard, 1987

Étic Taladoire, Les Mayas © 2010, éditions du Chêne

Sven Gronemeyer et Barbara MacLeod, « What Could Happen in 2012: A Re-Analysis of the 13- Bak’tun Prophecy on Tortuguero Monument 6 », WAYEB Notes (ISSN 1379-8286), no 34, 2010.

Munro Edmonson, « The Mayan Calendar Reform of 11.16.0.0.0. », Current Anthropology, vol. 17, no 4, 1976.

L'écriture et les glyphes

Monstres fantastiques, animaux et plantes. Pendant près de cinq siècles, explorateurs et chercheurs ont buté sur l’écriture maya, appelée « glyphes ». Les premiers Européens qui ont découvert les ruines mayas de la période classique furent éblouis par la beauté des inscriptions qui couvraient les murs des cités perdues dans la jungle, mais leur signification était énigmatique.

Le déchiffrement des chiffres

Comment lire les glyphes ? Les Mayas ont probablement abandonné ce système d’écriture au XVIIe siècle. Lors de la Conquête espagnole, la plupart des livres mayas furent brûlés par les prêtres et les connaissances concernant la lecture et l’écriture mayas se sont perdues. Il a fallu près de deux siècles de recherche pour déchiffrer près de 80 % des glyphes qui racontent l’histoire de ce peuple mystérieux.

Certains des premiers glyphes à être décryptés étaient des chiffres : le point et la barre représentaient l’unité et le chiffre 5, la coquille, le zéro. Le déchiffrement du système de numération a permis aux chercheurs de comprendre certains aspects des calendriers mayas. Et pourtant, au début du XXe siècle, la plupart des glyphes étaient toujours indéchiffrables.

L’opération décodage

Idées. Mots. Sons. Nous savons aujourd’hui que les glyphes regroupaient des logogrammes (symboles représentant des mots entiers) et des glyphes phonétiques représentant des syllabes. Les mayanistes de la première moitié du XXe siècle ont peiné à trouver les clés qui leur permettraient de traduire les inscriptions.

De nouvelles perspectives se sont ouvertes dans les années 1950 lorsque Yuri Knorozov a découvert que de nombreux glyphes étaient des syllabes qui s’apparentaient à celles que l’on retrouve dans les langues mayas modernes. Par la suite, Heinrich Berlin et Tatiana Proskouriakoff ont démontré que beaucoup de glyphes faisaient référence à des dynasties : naissance du souverain, accession au trône, guerres, conquêtes et durée du règne.

Une autre percée s’est produite dans les années 1970 lorsque le mayaniste David Stuart s’est rendu compte que plusieurs glyphes pouvaient correspondre à un même phonème. Un son pouvait avoir de nombreuses représentations graphiques et un mot pouvait souvent s’écrire de plusieurs façons.

Des cités dans la jungle

SLes temples-pyramides se dressant dans la jungle comptent parmi les images les plus évocatrices des sites mayas. Un grand nombre de cités de la période classique (250-900 de notre ère) ont été bâties dans la jungle et les premiers archéologues ont mis des mois à les dégager de la végétation qui les recouvrait. Rassemblant en moyenne de 10 000 à 12 000 habitants, ces cités nous apparaissent aujourd’hui relativement petites, mais auraient été à l’époque fort impressionnantes.

La cité maya, où logeaient la noblesse et le peuple, était construite autour de temples-pyramides, d’un palais et d’un terrain de jeu de balle. Le cœur de la cité était réservé à la célébration des divins seigneurs.

Palenque fut une des principales cités de la période classique. Bien que considérablement plus petite que certains grands centres mayas comme Tikal et Calakmul, sa réputation vient de la qualité de son art et de son architecture. Occupée dès l’an 100 avant notre ère, la cité a atteint son apogée au VIIe siècle durant le règne de K’inich Janaahb’ Pakal. Le roi Pacal, ses fils et ses petits-fils ont fait construire de nombreux édifices au cœur de Palenque. Nombreux sont les monuments couverts de glyphes et d’images qui donnent un aperçu de la vie citadine de l’époque. Beaucoup d’artéfacts figurant dans l’exposition Les secrets de la civilisation maya proviennent de Palenque.

Des monuments à la gloire du divin seigneur

Le temple

Les pyramides à degrés étaient considérées comme l’accès au Ciel et à l’Inframonde. La porte au sommet du temple-pyramide s’ouvrait sur un autre monde. Lorsqu’il pratiquait des rituels à l’intérieur du temple, le souverain entrait en contact avec les divinités et les ancêtres. De nombreux temples-pyramides étaient consacrés au panthéon maya, d’autres servaient de monuments funéraires aux souverains. La population affluait sans doute vers la cité pour participer à des fêtes rituelles où des musiciens jouaient de la trompette, de la flûte et du tambour et des acteurs costumés se mêlaient à la foule assemblée sur la place, en contrebas des temples-pyramides.

Le palais

Les visiteurs assemblés en contrebas du temple-pyramide pouvaient voir le palais édifié sur une plateforme surplombant la place. Centre administratif de la cité, le palais était aussi la demeure royale. Ces immenses complexes architecturaux étaient résolument plus imposants et plus somptueux que les quartiers d’habitation typiques du monde maya. Ils comprenaient une salle du trône, des bureaux et des réserves. Les céramiques et les scènes et inscriptions gravées dans la pierre représentent souvent un souverain assis, adossé à un coussin recouvert d’une peau de jaguar et entouré de serviteurs, de danseurs, de nobles et d’autres membres de la cour. La majorité des gens n’avaient pas accès au palais, mais ils assistaient aux cérémonies qui se déroulaient sur la plateforme.

Le terrain de jeu de balle

Le terrain de jeu de balle constituait lui aussi un monument à la gloire du divin seigneur. La partie que se disputaient les deux équipes consistait à faire passer une balle en caoutchouc d’une extrémité du terrain à l’autre en la frappant des jambes, des hanches et des coudes. Probablement le premier sport d’équipe au monde, le jeu avait une profonde signification rituelle. Une partie de jeu de balle s’était jouée juste avant la création du monde et les Mayas de la période classique croyaient qu’ils contribuaient ainsi au triomphe quotidien de la vie sur les forces des ténèbres. Les rois se servaient du terrain pour des danses et autres spectacles et pratiquaient régulièrement le jeu de balle.

Qui gagne? (Site en anglais)

La cosmogonie

Le Popol Vuh ou le récit de la création du monde

À la fin du XVIIe siècle, un dominicain du nom de Francisco Ximénez vivait parmi les Mayas k’iche’ de Chichicastenango, dans les hautes terres du Guatemala. S’étant acquis la confiance de la population, il reçut l’autorisation de transcrire et de traduire un manuscrit du milieu du XVIe siècle confié aux anciens de la cité. L’ouvrage s’intitulait Popol Vuh, «Livre de la Communauté » ou « Livre du Conseil ».

Le Livre de la Communauté ou Livre du Conseil

Le Popol Vuh est un ouvrage d’une grande richesse qui retrace l’histoire des K’iche’ depuis la création du monde jusqu’à l’an 1000 de notre ère. D’après le préambule, l’ouvrage serait fondé sur un codex précolombien (recueil de glyphes dont les feuillets sont pliés en accordéon). Les auteurs anonymes nous livrent un des débuts les plus évocateurs du monde littéraire :

« Voici le récit du temps où tout était en suspens, tout n’était que calme et silence, muet et vide dans l’extension du ciel. »

Les auteurs relatent la création de la terre, des animaux, puis des êtres humains au cours de quatre cycles de création et de destruction. L’un des moments les plus intéressants de ce récit porte sur les aventures des héros jumeaux, Hunahpu et Xbalanque, avant la création du monde actuel. L’histoire commence par la mort de leur père, le dieu du Maïs, alors qu’il s’apprête à affronter les dieux de l’Inframonde à l’occasion d’un jeu de balle. La tête pendue à un arbre, il féconde la fille d’un dieu du Monde inférieur en lui crachant dans la main. Elle quitte l’Inframonde et donne naissance à des jumeaux qui décideront de retourner dans l’Inframonde pour venger leur père. Surmontant de multiples épreuves grâce à leur ruse et à leurs talents au jeu de balle, ils finiront par tuer les divinités de l’Inframonde, feront ressusciter leur père et monteront au Ciel.

Le Popol Vuh et le principal dieu Oiseau

Bien que le récit de la création raconté dans le Popol Vuh change au fil des ans, les spécialistes ont noté que les grands thèmes changent peu. Ainsi, les aventures des héros jumeaux et de leur père constituent un leitmotiv de l’art maya classique. Les personnages et les dieux sont reconnaissables, mais on remarque, dans certains cas, des différences importantes au niveau des détails par rapport au Popol Vuh.

Dans le Popol Vuh, une des premières victoires des héros jumeaux se fait aux dépens d’un dieu orgueilleux du nom de Vucub Caquix qui prétend être le Soleil. Ils abattent le dieu aux allures d’oiseau à l’aide d’une sarbacane et lui arrachent ses dents ornées de bijoux et ses yeux en métal.

Ce plat figurant dans l’exposition Les secrets de la civilisation maya propose une représentation de Vucub Caquix typique du Classique que les mayanistes nomment principal dieu Oiseau. À cette époque, le dieu aviforme était considéré comme bienveillant : c’était un des messagers du dieu créateur Itzamnaaj ainsi que son double spirituel. La transformation du principal dieu Oiseau en Vucub Caquix sur une période de 600 ans traduit l’évolution des héros mythologiques au fil des générations.

La lecture du Popol Vuh ne vous livrera pas tous les secrets des souverains mayas, mais ces récits extraordinaires vous donneront un aperçu de la cosmogonie des Mayas et vous permettront de comprendre leur vision du monde.

L'effondrement des Mayas

L’effondrement des Mayas : Entretien avec un expert

Lorsque les explorateurs du XIXe siècle ont découvert les ruines mayas, ils se sont interrogés sur le sort des bâtisseurs de ces cités et les raisons de leur abandon. Nous savons maintenant que les Mayas ne sont jamais partis. Aujourd’hui, dix millions de Mayas perpétuent les traditions de leurs ancêtres qui jadis y habitaient.

Les chercheurs n’ont toujours pas élucidé le mystère de l’abandon d’un si grand nombre de cités aux VIIIe et IXe siècles de notre ère. Afin de mieux comprendre le phénomène, le ROM s’est entretenu avec James Aimers, professeur adjoint à la State University of New York à Geneseo et spécialiste de l’effondrement des Mayas.

ROM : En résumé, quelles sont les théories sur l’effondrement des Mayas ?

James Aimers : De très nombreuses théories ont été avancées sur les changements survenus durant le Classique terminal qui ont mené à ce qu’on qualifie couramment d’« effondrement ». En général, elles sont d’ordre social et environnemental. Parmi les problèmes sociaux, citons les révolutions politiques et les révoltes des paysans, les guerres et les invasions, ainsi que l’isolement économique des cités intérieures attribuable au déplacement des routes commerciales vers les voies fluviales et maritimes au Classique terminal.

ROM : Pouvez-vous décrire le rôle de l’environnement dans cet effondrement ?

James Aimers : Parmi les facteurs écologiques figurent l’érosion et l’appauvrissement du sol, ainsi que la transformation de la forêt en savane impossible à exploiter par l’agriculture itinérante. Tremblements de terre, ouragans, maladies, infestations d’insectes et dépérissement des plantes sont autant de raisons invoquées pour expliquer l’abandon de sites et régions. Actuellement, de nombreux archéologues et spécialistes d’autres domaines se penchent sur la question de la sécheresse mais, dans les basses terres, les données varient beaucoup.

ROM : Quels sont les changements sociaux qui ont pu toucher les Mayas ?

James Aimers : Certaines théories sont d’ordre écologique et social, notamment la surpopulation et ses conséquences sur l’agriculture. La sécheresse peut être aggravée par des interventions humaines comme la déforestation aux fins agricoles. Dans certains cas, le déboisement peut être attribuable au besoin de se procurer du bois à brûler pour la chaux afin de construire des pyramides, palais, places et routes (cas d’El Mirador, au Guatemala, par exemple). N’importe laquelle de ces contraintes a pu entraîner une guerre, une révolution ou l’abandon de sites au profit de centres plus prospères.

ROM : À votre avis, quelle est la théorie la plus valable ?

James Aimers : Il est admis qu’aucune cause en particulier ne saurait expliquer les changements survenus durant le Classique terminal. Ainsi, nous disposons maintenant de données détaillées provenant de nombreux sites, voire de régions entières du territoire maya, qui démontrent que, dans certaines régions, c’est la guerre qui a provoqué l’abandon du site, tandis que, dans d’autres, les facteurs écologiques comme le déboisement ou la sécheresse ont joué un rôle de premier plan.

La guerre dans la région du Petexbatun, au Guatemala, est documentée par des inscriptions glyphiques et des vestiges (p. ex., fortifications), mais les archéologues n’ont pas réussi à trouver de traces de problèmes agricoles, de sécheresse ou de surpopulation. Le cas du site de Calakmul, dans l’État mexicain de Campeche, est très différent : il semblerait que la sécheresse ait largement contribué à l’abandon de la cité, mais la situation a peut-être été aggravée par le militarisme de longue date des souverains.

Les causes de l’abandon ou du déclin des cités au Classique terminal varient considérablement. Certaines réponses nous permettent de mieux comprendre des sites ou des régions en particulier, mais il est hautement improbable qu’on puisse expliquer d’une seule et même façon l’ensemble des événements du Classique terminal. L’accumulation de données semble avoir compliqué plutôt que simplifié les origines des événements du Classique terminal.